Lundi 18 février 2013 à 12:45

Alors même que j'étais parti pour lui mettre un lapin, j'ai pris le train pour Nice. Ce gars, je ne le connais pas, j'ai échangé quelques messages avec lui sur internet, il a l'air sympa mais il me fait pas grandement rêver, et puis j'suis casanier. Mais bon j'y suis quand même allé. C'était samedi vers 16h30. On s'est retrouvé devant le Sephora de l'avenue Jean Médecin. J'ai vu débarquer un grand machin, 1m94 au garrot, des lunettes de soleil Prada posée sur le nez, les cheveux blonds nordiques. Bref, un teuton, un boche, un germanique, un nazi quoi (vision réductrice de l’étranger entraînée par la fatigue et la flemme). Cela dit, il avait l’air charmant, il m’a sorti ce sourire de je ne sais où, quelque part entre un pub pour dentifrice bas de gamme et le smile qu’on essaie de te faire croire que tu l’auras dans les Bar à dents, fantastiques institut où te bombarde les chicots d’UVB pour qu’ils blanchissent.

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Un beau sourire.

J’ai sorti mon plus bel atout, mon sourire à moi, c’est ce qui fait rêver chez moi en général. J’ai hérité ce sourire de ma mère, des dents blanches et bien alignées, un sourire trop large qui fend mon visage et me donne un air mesquin et malicieux, peut-être même coquin. Bref, l’entièrement de mon modeste narcissisme exacerbé s’est exprimé pour charmer la mule.

Les premiers mots qui sont sortis de sa bouche était en Anglais, c’est la langue dans laquelle nous avons dû échanger, mon Allemand étant totalement inexistant, son français étant un peu hasardeux bien que correct. Il a parlé un anglais presque parfait, avec un léger accent qui lui donne un air fier et puissant. Un viking quoi.

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Nous avons bu un café, le courant est passé, il a d l’humour, il est plus beau sans ses lunettes, le soleil fait briller ses cheveux blonds et sublime la couleur du vin blanc que contient la bouteille que l’on attaque à grands goulées.

Il vit à Nice, et travaille comme chef-cuisinier pour un milliardaire russe dont je tairais le nom mais qui détient bien 4 Yacht. L’un de ceux-ci mesure 115m et emploie mon teuton.

Après un coup de fil en gerbage de sons dissonants et étranges (en allemand quoi), il m’a proposé qu’on aille au restaurant, avec ses potes allemands qui sont venus lui rendre visite. Nous passons chez lui, descendons une bouteille de « Champagne Allemand », étrangeté s’il en est, goûteuse et rivalisant avec certains des meilleurs champagnes rosés que j’ai pu porter à mes lèvres jusqu’à l’instant. Ma tête commence à tourner légèrement, je ris plus facilement, mon anglais devient plus fluide, je suis moins timide, on flirte un peu, sans exagéré, puis on repart rapidement retrouver ses amis nazis.

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Les autres nazis sont deux pédales profondément sympathique et extravagamment douée pour la répartie, la rhétorique, le franc-parler, l’humour. L’un des nazis est arabe, l’autre est juif. Nous conversons en anglais, afin que je puisse comprendre quand ils parlent entre eux. Ce ne sont pas vraiment des boches. En fait, ils sont Suisse Allemand, l’un vit à Bern et travaille dans l’hôtellerie, l’autre à Bâle, dans les Ressources Humaines.

On se marre beaucoup, en mangeant dans un restaurant où nous croisons un certain Monsieur Estrosi, maire de Nice et ancien ministre. Mon accent très british intrigue et les amène à remarquer tous mes tics de langage. L’Anglais anglais n’est plus l’anglais de référence chez les moins de 30 ans. L’américain des séries télévisées largement diffusés par le streaming internet a pris le pas, la langue des canards devenant standard devant le standard.

J’ai choisi d’arrêter de fumer samedi matin. Les muscles de mon corps se crispent progressivement au fil des litres d’alcool que nous ingurgitons avec délectation (un Chablis grand cru arrose d’excellents plats de fruits de mer italiens). L’envie me dérangera tellement dans le bar suivant (vodka-redbull, quand tu nous tiens), que je craquerais pour une petite cigarette qui sera ma dernière. Après un petit moment, nous avons rejoins une boîte gay de Nice, où j’ai perdu le contrôle sur ma consommation d’alcool, le « vodka-champêche » à couler à grands flots dans mon tube digestif. Je n’ai plus peur de rien, je lui roule des pallots d’un autre monde, nous quittons le night-club à 3h du matin.

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La passion charnelle ne s’est pas fait attendre. Après avoir pris congé des boches, nous avons rejoint l’appartement du viking. Nos corps se sont entrelacés, une sorte de monstre immense a quitté son caleçon. Jamais vu un engin pareil, ma main n’en faisait pas le tour. J’ai pris ce machin dans le cul, je ne sais vraiment pas comment j’ai tenu. Mais j’ai adoré, il a adoré, c’était un mélange de bestialité et de tendresse, une sorte de vicieuse vertu nous poussant dans un pêché salvateur.

Après une nuit de « cuddles », nous avons remis le couvert avant de nous lever pour rejoindre ces amis en ville, prendre un café… puis un rosé. Nous avons été rejoints par un autre jeune français qui faisait de l’œil au suisse rebeu. Un étudiant en Sciences politique, sympathique, avec un humour qui ne m’a pas déplut. Nous avons continué à échanger en anglais, mais nous avons tout de même échangé quelques mots en français. Quand on parle une langue étrangère, même « fluently », il arrive que des mots soit tout de même difficile à trouver, réfléchir pour la construction de phrases correctes est épuisant, bien que plaisant. Le français devient alors cette bouffée d’air qui s’engouffre dans la fournaise d’un appart’ de la Côte d’Azur en pleine canicule. Une sorte de libération qui ne doit durer qu’un court moment afin que le froid ne vienne pas remplacer la chaleur.

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Quand nous avons attaqué la 3 ème bouteille de vin de la journée, en mangeant huîtres et bulots, j’ai senti la fatigue me gagner. Nous avons encore bouger dans quelques bars pour boire l’apéro avant de ramener les fans de gruyère au bus qui les amènerait à l’aéroport quelques minutes plus tard.

La soirée s’est terminé par un repas à deux, des câlins sous la couette, de la tendresse, de l’affection.

Ce matin, il a pris l’avion pour San Diego, où il va reprendre le travail pour 3 mois, avant d’éventuellement rentrer sur Nice pour ses congés d’été.

Nous allons nous revoir, je l’espère, il semble qu’il l’espère aussi. Je vais tenter de garder contact avec cet Arien qui m’a franchement surpris (et bien sûr pris).

Voilà comment 20minutes de train et un simple café  peut vous faire voyager à l’étranger, sens dessus-dessous.

 

Par Kyra le Jeudi 21 février 2013 à 19:28
J'ai tellement aimé ta façon de raconter ! Enorme ! C'est le cas de le dire si j'en crois tes dires.. ;)
Par contre, je suis bluffée par ta capacité à ingurgiter autant d'alcool. Moi je serais morte trois fois déjà.

Kiffe ta life !
 

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